Ultima Thulé, fossile de la création du système solaire

Ultima Thulé est le petit surnom du corps céleste 2014 MU69 découvert en juin 2014 par le télescope spatial Hubble. Sa découverte était liée à l’objectif de repérer un objet de la ceinture de Kuiper (au-delà de l’orbite de Neptune) pouvant être atteint par la sonde New Horizons.

 

La mission New Horizons

Il s’agit d’une sonde de la NASA lancée en 2006 dont l’objectif premier était l’étude de la planète naine Pluton et de ses satellites. Elle a emporté, pour ce faire, plusieurs instruments dont :

  • Deux spectromètres
  • Deux imageurs (1 couleur + 1 haute résolution)
  • Un détecteur de particules énergétiques
  • Un analyseur de vent solaire
  • Un détecteur de poussière

Sa mission, couronnée de succès, a été marquée par le survol de Pluton en juillet 2015. Comme la sonde était toujours en bonne santé et disposait encore de réserves d’ergols suffisantes (carburant), la NASA a défini comme nouvel objectif l’étude d’un objet de la ceinture de Kuiper : 2014 MU69 alias Ultima Thulé.

Trajet de la sonde New Horizons
Trajet de la sonde New Horizons
Le survol de 2014 MU69
1ère image couleur, publiée le 02/01/19. Source : https://solarsystem.nasa.gov/resources/2236/first-color-image-of-2014-mu69/?category=solar-system/kuiper-belt_2014-mu69

Le survol a été réalisé le 01 janvier 2019, alors que l’objet de la ceinture de Kuiper se trouvait à une distance de 43,4 UA du Soleil (soit environ 6,5 milliards de kilomètres). Il s’agit, au passage, du survol d’un objet du système solaire le plus lointain jamais réalisé.

La sonde s’est approchée à 3 500 km de la surface d’Ultima Thulé. Une grande quantité de données a alors été enregistrée. Etant donnée l’énorme distance séparant New Horizons de la Terre et le très faible débit de transmission, il ne faudra pas moins de 20 mois à la sonde pour transmettre l’intégralité de ses données… Voilà de quoi nous tenir en haleine un bon moment !

Les résultats obtenus
Image de 2014 MU69
Image publiée le 24/01/19. Source : https://solarsystem.nasa.gov/resources/2254/kuiper-belt-object-2014-mu69/?category=solar-system/kuiper-belt_2014-mu69

New Horizons transmet des clichés de plus en plus précis au fil du temps. Les observations ont d’ores et déjà montré qu’Ultima Thulé est composé de deux corps, approximativement sphériques : le plus gros (surnommé Ultima) fait environ 19 km de diamètre ; le plus petit (Thulé) n’en fait que 14. Ces deux « lobes » semblent collés en un point, ce qui fait d’Ultima Thulé un binaire à contact.

La probabilité est très grande pour que cet assemblage si particulier se soit produit par une rotation des deux corps jusqu’à venir en contact à une très faible vitesse… pas plus de quelques km/h. Si la vitesse avait été supérieure, les deux corps auraient pu être détruits par l’impact.

2014 MU69 est donc particulièrement intéressant. En effet, il s’agirait visiblement d’un véritable « arrêt sur image » du processus d’accrétion de matière à l’origine de la formation des planètes du système solaire.

Ultima Thulé n’a pas fini de livrer ses secrets ! Les scientifiques cherchent notamment à connaître l’origine des nombreuses fosses présentes sur les deux lobes : leur taille varie d’environ 700 mètres, à environ 7 kilomètres de diamètre sur Ultima. Plusieurs pistes sont mises sur la table : cratère d’impact ou résultat d’un processus tel qu’une éjection de matière sous forme de gaz.

 

La transmission des données de New Horizons se fera au fil de l’eau. Ainsi, nous en apprendrons de plus en plus sur ce fossile de la création du système solaire.

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