Se repérer dans le ciel d’hiver

Pour pouvoir identifier les astres dans le ciel, il est nécessaire de savoir s’y repérer. Pour ce faire, on utilise les astérismes (formes ou dessins formés par plusieurs étoiles, voir l’article suivant) afin de passer d’une constellation à une autre (chacune représentant une région plus ou moins étendue du ciel).

Je vous propose, ci-dessous, de vous montrer quelques astuces pour apprendre à vous repérer parmi les principales constellations du ciel d’hiver, tout en identifiant les étoiles les plus brillantes. Attention à ne pas se fier à l’orientation des constellations présentées dans les captures d’écran ci-dessous ; en effet, celle-ci varie constamment en fonction du moment et du lieu d’observation.

Nous n’irons pas non plus dans le détail de ce que l’on peut observer dans chaque constellation, cela fera l’objet d’articles ultérieurs.

 

Un point de départ incontournable

Constellation Grande OursePour commencer, le plus simple est de repérer la constellation qui est certainement la plus connue : la Grande Ourse. Celle-ci est très facilement identifiable grâce à la fameuse « grande casserole » (en orange sur la capture d’écran). Elle est formée par des étoiles relativement brillantes, ce qui la rend identifiable même sous un ciel de mauvaise qualité (avec un peu de pollution lumineuse). Elle présente aussi l’énorme avantage d’être une constellation dite circumpolaire : sa proximité avec le pôle nord céleste fait qu’elle ne se couche jamais sous l’horizon (sous nos latitudes en tout cas).

Cette constellation, et particulièrement l’astérisme de la grande casserole, sert donc tout naturellement de point de départ pour repérer bon nombre d’autres constellations.

 

 

Une casserole peut en cacher une autre

En prolongeant la droite qui passe par les deux étoiles formant le côté de la casserole opposé au manche, et en reportant 5 fois la longueur de ce côté, nous tombons sur l’étoile polaire (Polaris). Il s’agit de l’étoile indiquant (à peu de chose près) la position du pôle nord céleste, c’est à dire la projection du pôle nord terrestre sur la sphère céleste. L’axe de rotation de la Terre passe (encore à peu de chose près) par cette étoile. C’est donc la seule qui semble rester fixe tout au long de la nuit, les autres étoiles tournant autour d’elle.

Polaris fait partie de la constellation de la Petite Ourse, qui est identifiable par une « petite casserole » avec un manche courbé vers le haut. Elle est cependant beaucoup moins lumineuse que sa grande sœur, ce qui la rend plus difficile à repérer (et nécessite un ciel de meilleur qualité).

 

 

On range les casseroles… à la maison !

De la Grande Ourse à CéphéeGénéralement, les casseroles restent à la maison (trouver des moyens mnémotechniques aide à mémoriser les constellations)… Si on prolonge la droite qui nous a menés à Polaris (depuis le bord extérieur de la grande casserole), d’environ 1/3 supplémentaire, nous arrivons dans la constellation de Céphée. Elle est identifiable grâce à la « maison » formée par 5 étoiles, dont celle sur laquelle on est tombé représente le toit. L’étoile la plus brillante de la constellation, Alderamin, se trouve en bas à droite de la maison.

 

 

W comme… Cassiopée

De la Grande Ourse à CassiopéeLa constellation de Cassiopée est très facilement reconnaissable à son « W » (ou « M », pour les puristes, suivant le sens dans lequel vous la voyez). Pour la repérer, partez de n’importe quelle étoile du manche de la grande casserole (dans la Grande Ourse), passez par l’étoile polaire et vous tomberez sur Cassiopée. Polaris est alors à mi-chemin entre la Grande Ourse et Cassiopée.

 

 

A la recherche de notre voisine

De la Petite Ourse à AndromèdePar « notre voisine », j’entend la galaxie voisine de la nôtre (la Voie Lactée) : la galaxie d’Andromède ! Et elle porte bien son nom car elle se situe dans la constellation… d’Andromède ! Pour la trouver, on part de Polaris, on passe par l’extrémité du « W » de Cassiopée la plus proche de Céphée, et on atterri alors sur l’étoile la plus brillante d’Andromède qui est Alpheratz. La galaxie d’Andromède se trouve au bout du petit « bras » dirigé vers Cassiopée.

 

Peut-on assommer un lion avec une casserole ?

De la Grande Ourse au LionImaginez quelqu’un donner un violent coup de casserole sur la tête d’un lion… si vous avez cette image (ridicule) en tête, vous saurez retrouver la constellation du Lion, qui se trouve donc « sous » la casserole. Sinon, prolongez la droite passant par les deux étoiles du côté de la casserole sur lequel le manche est accroché, et vous tomberez sur une étoile très brillante qui n’est autre que Régulus.

Au passage, vous pourrez trouver le Petit Lion, entre la Grande Ourse et le Lion, mais celle-ci ne comporte pas réellement d’étoiles facilement repérables et ne forme rien de particulier (en tout cas rien qui m’inspire… à vous de chercher si vous le souhaitez !)

 

 

Les jumeaux… euh… Gémeaux ! Et le clocher… euh… Cocher ! (Pardon)

De la Grande Ourse à Capella et aux GémeauxTrouver les Gémeaux ? Rien de plus facile ! Prolongez la diagonale de la grande casserole (s’alignant également avec une partie du manche) : vous tomberez sur deux étoiles bien brillantes côte à côte. Il s’agit de Castor et Pollux (la plus brillante des deux), qui représentent les têtes de deux petits bonhommes se tenant la main (faites travailler votre imagination un peu !).

Pour trouver le Cocher, il suffit de prolonger le « couvercle » de la casserole dans la direction opposée au manche. On tombe sur Capella, qui est l’étoile la plus brillante des six étoiles formant un hexagone.

 

 

Un chasseur sachant chasser…

Constellation d'OrionUne autre constellation très facilement identifiable est Orion, et son fameux « Chasseur » ! Il se trouve sous les Gémeaux. Je n’ai pas forcément de ligne de construction à vous proposer, mais vous identifierez Orion à plusieurs étoiles :

  • Bételgeuse, étoile rougeâtre, symbolisant l’épaule droite d’Orion
  • Rigel, étoile bleue, au pied gauche
  • Et trois étoiles formant la « ceinture d’Orion »

Ces 5 étoiles sont très lumineuses. Elles sont complétées par deux étoiles légèrement moins brillantes formant l’épaule gauche et le pied droit d’Orion. Son corps central fait aussi penser, pour certains, à un sablier… A vous de trouver l’image que vous mémoriserez le mieux !

 

… sans ses chiens…

De Orion au Grand ChienOrion est accompagné de deux chiens. Le Grand Chien est repérable à l’étoile Sirius (qui est au passage l’étoile la plus brillante du ciel). Vous tomberez sur Sirius en prolongeant la droite passant par les 3 étoiles de la ceinture d’Orion.

Le Petit Chien se trouve entre les Gémeaux et le Grand Chien. La constellation est identifiable à son étoile la plus brillante : Procyon.

 

 

 

 

 

Il chasse du gros !

Orion et le Taureau

De Orion au TaureauA qui peut bien s’en prendre Orion ? A un taureau ! Je vous avoue que la constellation du Taureau ne m’inspire rien de particulier… Imaginez juste que le chasseur d’Orion veut donner un coup de massue au Taureau (voir l’image au-dessus) ; ces deux constellations sont donc côte à côte.

Le Taureau est identifiable par une étoile, orangée, très brillante : Aldébaran. Si vous tracez une droite passant par Bélatrix (l’épaule gauche d’Orion) et Aldébaran, vous tomberez sur les Pléiades, amas ouvert d’étoiles visible à l’œil nu et semblant former une toute petite casserole (décidément… on aime bien les casseroles).

 

 

L’hexagone d’hiver

L'hexagone d'hiverNous venons, au travers des dernières constellations, de nommer 6 étoiles très brillantes formant « l’hexagone d’hiver ». Nous y retrouvons donc :

  • Rigel d’Orion
  • Aldébaran du Taureau
  • Capella du Cocher
  • Pollux des Gémeaux
  • Procyon du Petit Chien
  • Sirius du Grand Chien

Cela conclu notre tour des principales constellations que vous pourrez observer lors des nuits d’hiver (il y en a d’autres évidemment, mais je vous laisserez les découvrir par vous-même…).

 

 

Comment retenir ces constellations ?

Il n’y a pas de secret, il faut s’entraîner… Cela peut paraître très compliqué au début, pourtant il n’en est rien ! Après quelques séances de repérage, un simple coup d’oeil dans une région du ciel vous permettra de repérer les principales constellations.

Le plus simple est de retenir (grosso-modo) la forme principale de chaque constellation. Il y a généralement au moins une étoile très brillante par constellation, dont la couleur peut parfois vous aiguiller sur son appartenance (par exemple la couleur rouge/orangée d’Aldébaran du Taureau). Une fois l’étoile brillante repérée, il faut observer ce qui se dessine aux alentours… plutôt un hexagone (Cocher) ? Ou une maison (Céphée) ? etc… Si besoin est, il ne faut pas hésiter à reprendre les « lignes de construction » pour, à partir d’une constellation facilement identifiable (comme la Grande Ourse), suivre les chemins menant aux autres constellations.

Et je ne saurais que trop vous conseiller de télécharger le logiciel Stellarium (entièrement gratuit sur PC). Il s’agit d’un « planétarium » très bien fait qui vous permet d’afficher, en un lieu et une date donnée, le ciel tel qu’il apparaît réellement. Il vous offre également la possibilité d’afficher ou de masquer : le nom des étoiles et des constellations, les dessins des astérismes, et plein d’autres choses… et puis, pour les nuits nuageuses, il permet de s’entraîner à mémoriser les constellations…

 

A vous de jouer maintenant !

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