Guide des constellations : la Grande Ourse

Nous entamons avec cet article une série de guides sur les constellations. Nous verrons en détail, chaque semaine, une constellation : noms et caractéristiques des étoiles principales, particularités, objets du ciel profond, etc. Je vous propose de commencer tout naturellement par la constellation certainement la plus connue et la plus facile à reconnaître : la Grande Ourse.

La constellation porte le nom latin de « Ursa Major » et son génitif est « Ursae Majoris« . L’abréviation utilisée pour nommer les étoiles de cette constellation (nous le verrons plus bas) est UMa.

 

La fameuse « Grande casserole »

La Grande Ourse est la troisième constellation la plus étendue (derrière l’Hydre et la Vierge). Elle est identifiable à l’astérisme de la « grande casserole » (ou « le chariot ») formée par les sept étoiles les plus brillantes de la constellation. Les étoiles sont généralement nommées par la désignation de Bayer (introduite dans la publication de l’astronome Johan Bayer en 1603). Cette désignation attribue une lettre grecque, par ordre alphabétique, suivant la luminosité apparente des étoiles : α (Alpha) pour l’étoile la plus brillante, puis β (Béta), etc…

Dans le cas de la Grande Ourse, la grande casserole était si facilement identifiable (car fortement brillante), que Johan Bayer attribua les lettres grecques par leur position dans l’astérisme, et non par magnitude apparente.

 

Astérisme de la grande casserole

α UMa – Dubhé

Alpha Ursae Majoris, dit Dubhé, est la deuxième étoile la plus brillante de la Grande Ourse. Il s’agit d’une étoile de type « géante rouge », située à environ 125 années-lumière (al). Elle forme avec Merak (β) UMa) le bord extérieur de la casserole pointant vers l’étoile polaire.

 

β UMa – Merak

Merak (Béta (β) Ursae Majoris) est une étoile légèrement plus grande que le soleil : deux rayons solaires pour trois masses solaires. Elle est cependant environ 70 fois plus lumineuse que le Soleil, et se trouve à une distance de 80 al. Merak est entourée d’un disque de poussière permettant d’envisager la possibilité qu’une planète gravite autour d’elle, ou soit en train de se former.

 

γ UMa – Phecda

Gamma (γ) Ursae Majoris porte le nom de Phecda. Elle est très similaire à Merak. En effet, ces deux étoiles font partie du courant d’étoiles de la Grande Ourse. Il s’agit d’une population d’étoiles possédant des caractéristiques communes telles que leur âge, leur vitesse et direction de déplacement, leur composition chimique, etc. Le « noyau » de ce courant d’étoiles est situé à environ 80 al.

 

δ UMa – Megrez

Autre membre du courant d’étoiles de la Grande Ourse, Delta (δ) Ursae Majoris, porte le nom de Megrez. Avec une magnitude apparente de +3,3, il s’agit de l’étoile la moins brillante de la grande casserole.

 

ε UMa – Alioth

Epsilon (ε) Ursae Majoris, Alioth, est l’étoile la plus brillante de cet astérisme, avec une magnitude apparente de +1,76. Elle est aussi membre du courant d’étoiles, sa distance est donc similaire (81 al). Alioth est la première étoile formant le manche de la casserole.

 

ζ UMa – Mizar

Etoile double Alcor et MizarZéta (ζ) Ursae Majoris porte le nom de Mizar. Cette étoile est accompagnée d’une voisine, Alcor, qu’il est possible de distinguer à l’œil nu (avec une bonne vue). Ces deux étoiles, distantes d’environ un quart d’année-lumière, ne sont pas liées par la gravité. En revanche, Mizar possède bien une compagne avec qui elle forme un vrai couple binaire d’une période de 5 000 ans. Ce couple est cependant beaucoup plus difficile à observer, n’espérez donc pas le faire à l’œil nu !

Mizar est la dernière étoile de la casserole membre du courant d’étoiles de la Grande Ourse.

 

η UMa – Alkaid

L’extrémité du manche de la casserole est identifié par Eta (η) Ursae Majoris, alias Alkaid. C’est une étoile « seulement » 3,4 fois plus grosse que le Soleil, mais 1 350 fois plus lumineuse. Avec une température de surface de 20 000°C, c’est une des étoiles les plus chaudes pouvant être observée à l’œil nu.

 


La Grande Ourse

Astérisme Grande Ourse

Pour identifier la constellation, et visualiser son étendue, il faut aller au-delà de la seule « casserole ». Avec une dizaine d’étoiles supplémentaires, il est possible de visualiser (ou imaginer) un peu mieux un ours. La « casserole » précédente forme le corps et la queue, puis des étoiles définissent la tête et les pattes avant et arrière. A vous de repérer les étoiles qui vous parlent le plus car, suivant les cartes du ciel utilisées, les représentations peuvent varier…

 

Que peut-on voir dans cette constellation ?

Nous l’avons vu en introduction, la constellation de la Grande Ourse est la troisième en terme d’étendue. Il y a donc tout naturellement quelques observations intéressantes à réaliser. La première étant de dissocier le couple d’étoiles Alcor et Mizar, comme nous l’avons vu plus haut. Ensuite, nous pouvons partir en quête de quelques objets du ciel profond.

 

Galaxies M81 et M82

Ces deux galaxies forment un couple galactique facilement identifiable, situé à environ douze millions d’années-lumière de la Voie Lactée.

M81 - Galaxie de Bode
M81 – Galaxie de Bode

M81, la galaxie de Bode, est une galaxie spirale qui s’étend sur un diamètre d’environ 80 000 al et qui a une magnitude apparente de +7. La galaxie est vue de trois-quart, elle est donc la plus simple des deux à repérer. Vous pourrez, sous de bonnes conditions d’observation, la voir même dans des instruments de petit diamètre (voire des jumelles). Elle ne sera cependant visible que sous la forme d’un bulbe lumineux entouré d’un disque flou. Pour commencer à identifier les bras spiraux de la galaxie, il sera nécessaire de monter en diamètre.

 

 

M82 - Galaxie du cigare
M82 – Galaxie du Cigare

M82, galaxie du Cigare, est quant à elle une galaxie irrégulière, très proche de M81. Elles sont si proches que le cœur de M82 est déformé par l’attraction gravitationnelle de M81. M82 nous apparaît de profil (sous la forme d’un « cigare ») et est légèrement moins lumineuse que sa voisine (magnitude apparente de +8,6).

 

 

Pour repérer ces deux galaxies, vous pouvez commencer par prolonger la diagonale PhecdaDubhé d’environ une longueur. A proximité, vous pouvez rechercher un petit groupe de trois étoiles formant une petite équerre. M81 et M82 se trouvent non loin de cette zone ; je vous invite à affiner leur position en utilisant une carte du ciel.

 

M101 – Galaxie du Moulinet
M101 - Galaxie du Moulinet
M101 – Galaxie du Moulinet

Cette galaxie, située à environ 23 millions d’années-lumière, est vue directement du dessus. Elle est, avec un diamètre d’environ 170 000 al, environ 1,7 fois plus grande que notre galaxie. Son étendue relativement importante impose de faibles grossissements pour son observation. Pour commencer à voir des détails, un très bon ciel et un télescope d’au moins 250 mm de diamètre sont nécessaires.

 

 

 

 

Repérer M101

Le repérage de M101 est facile, car elle forme avec Alkaid et Mizar un triangle quasi-équilatéral.

 

 

 

 

 

M97 – La nébuleuse du Hibou
M97 - Nébuleuse du Hibou
M97 – Nébuleuse du Hibou

Cette nébuleuse planétaire est située à une distance d’environ 2000 al. Elle a un diamètre apparent d’un peu plus de 3 minutes d’arc (soit dix fois moins que la pleine lune) et une magnitude de +9,9. C’est donc un objet peu lumineux qui nécessitera une bonne qualité de ciel. Si vous parvenez à l’observer, essayez de repérer les deux petites zones plus sombres, où la densité de matière est plus faible : elles forment les yeux du hibou.

Cette nébuleuse se trouve très proche du « fond de la casserole », à environ un quart du côté de Merak.

 

 

 

M108 – Galaxie de la Planche de Surf
M108 - Galaxie de la Planche de Surf
M108 – Galaxie de la Planche de Surf

Voisine de la nébuleuse du Hibou, ces deux objets du ciel profond peuvent être observés dans le même champ (suivant la focal de votre instrument et du grossissement). Il sera cependant difficile d’observer des détails sur cette galaxie spirale éloignée d’environ 45 millions d’années-lumière, d’autant plus qu’elle nous apparaît de profil. Elle sera cependant relativement facile à repérer, car elle se trouve à mi-chemin entre M97 et Merak.

 

 

Ces objets présentés ci-dessus sont les plus faciles à observer. Ce ne sont bien évidemment pas les seuls, mais il serait trop long de tous les parcourir. Si vous désirez en voir d’avantage, vous pouvez consulter une carte du ciel détaillée, ou un logiciel comme « Stellarium ». Vous pouvez également parcourir le catalogue NGC, dont des dizaines d’objets sont présents dans la constellation de la Grande Ourse.

 

Bonnes observations !

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